Joliment imbibé
Non non, je n’étais pas parti à Marseille pour pochetronner, je cherchais simplement le soleil. Seulement, je l’ai aussi trouvé au fond du verre. Ca s’est passé aux Buvards.

Ne cherchez pas dans vos guides préférés, l’endroit est tout nouveau. Cette cave / bar à vins a ouvert il y a un mois tout juste, et l’espace dégustation date d’il y a 8 jours. C’est pour vous dire si c’est frais…
En tout cas, Les Buvards est un endroit carrément cool, avec ses deux petites salles en longueur, la première abritant les quilles, la seconde le bar. Saupoudrez de quelques tables, d’une rangée de bouquins, d’une paire de lustres, d’une flopée de buvards et de beaucoup d’envie, et vous avez le topo.
C’est Fred et Laetitia qui gèrent le bouclard – avec Sandi que je n’ai pas aperçue : normal, elle pouponne intensivement. Ils sont jeunes, mais Fred est déjà un vieux routier du vin et de la sommellerie : des années à Paris (rue Burcq avant que ce soit le Café Burcq) puis à Marseille (notamment La Part des Anges dont il a fait l’ouverture, La Côte de Bœuf – Fred, y avait plus de Hauvette, c’est malin, merci quand même d’avoir laissé quelques Trévallon).

Et aux Buvards, on sait ce que “vins naturels” veut dire : ces charmants-là sont même membres de l’AVN… Mais attention, hein, pas de prosélytisme pour autant : les sélections sont rigoureuses, on ne boit pas ici des jus épais ou trop mouvants. Moi j’ai goûté (ou regoûté) le Cheverny rouge de Villemade (2006 déjà parfait), le Faugères du Clos Fantine (un classique dont je ne me lasse pas), le Mazel de Jocelyne et Gérald Oustric (un vin de pays ardéchois qui est une pure gourmandise), le Côte de Brouilly de Christophe Pacalet (à se réconcilier avec le Beaujolais) et la cuvée Tam Tam du Domaine du Bout du Monde (un Côtes du Roussillon Villages tout simple mais délectable, et surtout pas écrasant). Ouais tout ça. Mais en deux fois, notez bien. Bah oui, quand j’aime un lieu, je retrouve vite son chemin.
Dans l’euphorie, Fred a même réussi à me faire boire un primeur : le Muscadet primeur de Jo Landron – ouais, dans le Grand Ouest aussi ils s’y mettent. Pour le coup, c’était plutôt agréable : les notes exotiques qui partent direct, pas un pet de lourdeur ; un bon petit jus de soif, quoi. Pour éponger, j’ai testé les charcuteries de Raymond Lecoq – un fondu du porc ibérique – et je ne m’en suis porté que mieux.
Et les prix ? Super corrects : comptez dans les 3 ou 4 piastres en moyenne pour un verre, et dans les 10 kopeks pour une assiette de charcuterie ou de fromage (sauf si le Bellota vous tente, mais bon, ça peut pas se donner non plus).
Dernière note sur les liquides : la maison a aussi en stock des étiquettes plus rassurantes – mais pas moins tentantes – pour les novices : Morgon de Foillard, Crozes de Dard et Ribo, Bandol Saint-Anne, Cairanne de Richaud et j’en passe…

Pour couronner l’affaire, ces bougres sont ouverts tous les jours jusqu’à 22h00 environ – avec un petit bémol horaire le dimanche, faut bien recharger les accus et ranger dans la cave, non ? Si c’est pas l’adresse impec, ça y ressemble beaucoup. D’autant que quand c’est pas le coup de feu, pour taper la discute, Fred et Laetitia ne sont pas les derniers. Et le chien, dans tout ça ? Bah poli, il m’a même pas léchouillé la main pour quémander son bout de cochonnaille.
Vous savez ce qui vous reste à faire, maintenant ? Tracer fissa aux Buvards, entre Vieux Port et Panier, pour voir si des fois, le soleil n’y brille pas un peu plus…
Les Buvards
34, Grand’Rue
13002 Marseille
Ouvert tous les jours (du lundi au samedi de 09h00 à 22h00, le dimanche un peu moins)
Tél : 04 91 90 69 98
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